VEVEYSE Le Bivouac aux Paccots
A bonne distance de la ville

Blotti sous le soleil, entre les arbres et les pâturages, le camping des Paccots tourne à plein régime depuis une quinzaine de jours. Portrait d’un Bivouac aux allures d’ultime refuge pour des citadins en mal de plaisirs simples.


Ouvert en 1970, Le Bivouac accueille notamment 120 caravanes à l’année, sur deux hectares

Bermudas, polos, tongs, lunettes de soleil: la tenue décontractée de rigueur au Bivouac, le camping des Paccots. Météo aidant, «l’hôtel de plein air» tourne pratiquement à plein régime depuis quinze jours, après un début de saison froid et pluvieux. Mardi, le quatre étoiles accueillait une petite centaine de touristes de passage, auxquels il fallait ajouter les résidents, soit la moitié environ des 120 propriétaires de caravane du camp. Des clients venus de Vaud, Genève, Neuchâtel, Berne, du Tessin ou du Valais, mais aussi de Hollande, d’Angleterre et d’Espagne. Ou parfois simplement de Bulle ou Châtel.
Autant dire que Stéphane Fivaz et son épouse Fabiola, propriétaires et exploitants du Bivouac, ne chôment pas. Agé de 33 ans, le jeune homme a pris la relève de ses parents au début de l’année, mais a grandi et travaille au Bivouac depuis 1996. Pour lui, le secteur n’est pas en crise. «Bien sûr, il faut composer avec l’attrait des voyages à l’étranger, toujours meilleur marché, et avec la concurrence des campings des pays de l’Est. Mais ici, la fréquentation reste stable depuis quelques années. En 1998, nous avons perdu un opérateur anglais et l’ouverture de l’A1 a détourné une partie des touristes de passage. Par contre, internet a permis de compenser cette perte, en renforçant même les longs séjours.» D’ailleurs, la clientèle de passage ne constitue que 20% environ du chiffre d’affaires du camping. Le reste provient du parc résidentiel.
La clientèle type du Bivouac? «Surtout de jeunes familles et des couples plus âgés dont les enfants sont désormais grands, poursuit Stéphane Fivaz. Et peu de groupes d’adolescents. Environ 20% des clients reviennent chaque année, parfois depuis trente ans. Certains s’excusent quand ils ne peuvent pas venir!»

«Un coin de terre»
Micheline et Emile Giller, 67 et 68 ans, figurent parmi les résidents fidèles d’entre les fidèles. Depuis trente ans, ces «fervents campeurs» venus de Meyrin passent leurs week-ends – et plus encore depuis la retraite – dans leur caravane coquette. Sans pour autant cesser de sillonner la France dans leur seconde caravane. «Avec une dépense assez modeste, 12500 francs de l’époque pour la caravane et 2000 francs par année, nous avons un port d’attache toute l’année aux Paccots, explique le mari, main verte à ses heures. Ça n’a l’air de rien, mais c’est un petit coin de terre: ça compte pour moi, qui suis originaire de Vuadens et qui ai vécu une partie de mon enfance à Semsales. En plus, on peut s’échapper de la vie citadine quand on veut. Le lieu est sûr, calme, frais. Nous, on est accros!»
Au fil des ans, le couple s’est constitué un réseau d’amis au Bivouac, où l’ancien mécanicien d’aéroport côtoie un fonctionnaire de l’AVS, un cadre dans une banque d’Amsterdam et un retraité des PTT. «Les barrières sociales disparaissent», poursuit Emile Giller, «vrai campeur, été comme hiver».

Sortir du bunker
Patrick et Michèle Champion, eux, ne sont pas près de plier bagages. Régisseur de diffusion à la TSR et domicilié «dans une sorte de bunker de 140 appartements» à Genève, ce quadragénaire lausannois a posé sa caravane il y a trois ans aux Paccots. «On s’est vite rendu compte que voyager en caravane était extrêmement coûteux et pénible pour les enfants, confie-t-il. En plus, j’étais en rupture avec la ville. Ici, la vie, c’est dehors! Les gosses évoluent en toute liberté et dans un cadre sûr. Ils trouvent tous les plaisirs simples qu’ils ne connaîtraient jamais en ville: collectionner des cailloux, aller à la rivière ou à la piscine du camping. L’épanouissement est complet.»
Résultat: le quatuor passe ses week-ends et les vacances scolaires «à distance respectable de Genève», dans sa «résidence secondaire». Et ils invitent: la belle-famille, venue tout droit de Belgique, campe dans l’emplacement voisin, histoire de mêler retrouvailles et découvertes de la région. Ça tombe bien: la famille et le tourisme sont précisément le créneau que Le Bivouac cherche à développer…

Stéphane Sanchez
5 août 2004

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