Bermudas, polos,
tongs, lunettes de soleil: la tenue décontractée de rigueur au Bivouac,
le camping des Paccots. Météo aidant, «l’hôtel de plein air» tourne
pratiquement à plein régime depuis quinze jours, après un début de saison
froid et pluvieux. Mardi, le quatre étoiles accueillait une petite
centaine de touristes de passage, auxquels il fallait ajouter les
résidents, soit la moitié environ des 120 propriétaires de caravane du
camp. Des clients venus de Vaud, Genève, Neuchâtel, Berne, du Tessin ou du
Valais, mais aussi de Hollande, d’Angleterre et d’Espagne. Ou parfois
simplement de Bulle ou Châtel.
Autant dire que Stéphane Fivaz et son
épouse Fabiola, propriétaires et exploitants du Bivouac, ne chôment pas.
Agé de 33 ans, le jeune homme a pris la relève de ses parents au début de
l’année, mais a grandi et travaille au Bivouac depuis 1996. Pour lui, le
secteur n’est pas en crise. «Bien sûr, il faut composer avec l’attrait des
voyages à l’étranger, toujours meilleur marché, et avec la concurrence des
campings des pays de l’Est. Mais ici, la fréquentation reste stable depuis
quelques années. En 1998, nous avons perdu un opérateur anglais et
l’ouverture de l’A1 a détourné une partie des touristes de passage. Par
contre, internet a permis de compenser cette perte, en renforçant même les
longs séjours.» D’ailleurs, la clientèle de passage ne constitue que 20%
environ du chiffre d’affaires du camping. Le reste provient
du parc résidentiel.
La clientèle type du Bivouac? «Surtout de jeunes
familles et des couples plus âgés dont les enfants sont désormais grands,
poursuit Stéphane Fivaz. Et peu de groupes d’adolescents. Environ 20% des
clients reviennent chaque année, parfois depuis trente ans. Certains
s’excusent quand ils ne peuvent pas venir!»
«Un coin de
terre»
Micheline et Emile Giller, 67 et 68 ans, figurent parmi les
résidents fidèles d’entre les fidèles. Depuis trente ans, ces «fervents
campeurs» venus de Meyrin passent leurs week-ends – et plus encore depuis
la retraite – dans leur caravane coquette. Sans pour autant cesser de
sillonner la France dans leur seconde caravane. «Avec une dépense assez
modeste, 12500 francs de l’époque pour la caravane et 2000 francs par
année, nous avons un port d’attache toute l’année aux Paccots, explique le
mari, main verte à ses heures. Ça n’a l’air de rien, mais c’est un petit
coin de terre: ça compte pour moi, qui suis originaire de Vuadens et qui
ai vécu une partie de mon enfance à Semsales. En plus, on peut s’échapper
de la vie citadine quand on veut. Le lieu est sûr, calme, frais. Nous, on
est accros!»
Au fil des ans, le couple s’est constitué un réseau d’amis
au Bivouac, où l’ancien mécanicien d’aéroport côtoie un fonctionnaire de
l’AVS, un cadre dans une banque d’Amsterdam et un retraité des PTT. «Les
barrières sociales disparaissent», poursuit Emile Giller, «vrai campeur, été comme hiver».
Sortir du
bunker
Patrick et Michèle Champion, eux, ne sont pas près de plier
bagages. Régisseur de diffusion à la TSR et domicilié «dans une sorte de
bunker de 140 appartements» à Genève, ce quadragénaire lausannois a posé
sa caravane il y a trois ans aux Paccots. «On s’est vite rendu compte que
voyager en caravane était extrêmement coûteux et pénible pour les enfants,
confie-t-il. En plus, j’étais en rupture avec la ville. Ici, la vie, c’est
dehors! Les gosses évoluent en toute liberté et dans un cadre sûr. Ils
trouvent tous les plaisirs simples qu’ils ne connaîtraient jamais en
ville: collectionner des cailloux, aller à la rivière ou à la piscine du
camping. L’épanouissement est complet.»
Résultat: le quatuor passe ses
week-ends et les vacances scolaires «à distance respectable de Genève»,
dans sa «résidence secondaire». Et ils invitent: la belle-famille, venue
tout droit de Belgique, campe dans l’emplacement voisin, histoire de mêler
retrouvailles et découvertes de la région. Ça tombe bien: la famille et le
tourisme sont précisément le créneau que Le Bivouac cherche à
développer…
Une I Editorial I Gruyère I Fribourg I Sports
Droits de
reproduction et de diffusion réservés © La Gruyère 2003 – Usage
strictement personnel