Opter pour des vacances au camping, quand on part en famille, ça peut être une question financière. Mais c’est aussi un style de vie qui convient parfaitement aux enfants. Au camping Le Bivouac, aux Paccots, ils sont au paradis. C’est les parents qui le disent. Et les enfants le confirment.
Au camping des Paccots, la piscine est le centre d’attraction et fait le bonheur des enfants (photos Benjamin Ruffieux et Claire-Lyse Pasquier)
Une piscine, une pataugeoire, un toboggan, des balançoires, un bac à sable, des tables de ping-pong et tout un tas d’allées sans circulation pour faire du vélo. «C’est vraiment le paradis des enfants. Surtout depuis que Stéphane Fivaz a repris la gérance et amélioré les espaces de jeu», relève Benjamine Ding, en parlant du camping Le Bivouac, aux Paccots, qu’elle fréquente depuis trente ans. La Genevoise y a vu jouer ses enfants et, aujourd’hui, ses petits-enfants: «C’est un endroit idéal. Ils adorent venir ici…» Les nombreux parents rencontrés au Bivouac, depuis mardi que La Gruyère a planté sa tente à proximité de la place de jeux, partagent unanimement cet avis. Et ce n’est pas les enfants qui les contrediront (lire ci-dessous). Le camping est un style de vie qu’ils ont choisi non seulement pour des raisons financières – «30 francs par jour sous tente, c’est l’idéal pour une famille de trois enfants», relève cette jeune mère de famille genevoise – mais surtout parce qu’il convient parfaitement aux enfants.
Liberté sans danger
«Pour l’éducation à l’autonomie, c’est un plus», estime ce père de deux enfants, âgés de 7 et de 9 ans, qui fait une halte depuis cinq ans au Bivouac avec sa caravane. «On les a envoyés faire la vaisselle tout seul ou se laver les dents», sourit le Daquois avec son accent chantant du sud-ouest de la France, au souvenir du résultat. «Ça leur donne une certaine liberté. Et comme il n’y a pas de circulation et que c’est un petit camping où les gens finissent par se connaître, c’est sans danger.» Pour certains parents, la question financière n’a même rien à voir avec le fait de vivre sous tente ou en caravane. «On aurait tout à fait les moyens de s’offrir l’hôtel ou un appartement de vacances, confie cet Hollandais. Mais on a choisi ce style de vacances pour que nos enfants puissent se faire des amis et jouer au grand air toute la journée. Ce qu’ils font dans d’excellentes conditions ici.» Tous les petits hollandais n’étant pas comme Sebastiaan, qui refuse de jouer avec des jeunes ne parlant pas sa langue (voir ci-dessous), son fils s’est lié d’amitié avec un petit anglais. «On joue au ping-pong et au foot ensemble», glisse Isaac, 6 ans. Pour les propriétaires du camping Le Bivouac, Stéphane et Fabiola Fivaz, c’est une récompense de voir tous ces parents en confiance et tous ces enfants qui courent, plongent, glissent et se balancent en tous sens. «On veut constamment améliorer l’accueil, indique Fabiola. Et comme on a nous-mêmes des enfants, on prête de l’attention aux détails. On organise des animations, des ateliers de grimage ou de bricolage.» Après avoir amélioré la place de jeux, le jeune couple compte bien agrandir la piscine. Qui paraît plus imposante sur le site internet www.le-bivouac.ch que dans la réalité. Ce qui ne l’empêche pas d’être le centre d’attraction et de faire le bonheur des enfants.
«Le Bivouac, c’est ma maison»
Natacha, 3 ans, des Paccots.
Avec l’aide de sa maman, Fabiola Fivaz, propriétaire du camping: «Je suis née au Bivouac. Le camping, c’est ma maison. J’adore jouer à la balançoire, surtout quand on me pousse, et faire du vélo. C’est tout le temps les vacances. Je vais à la piscine tous les jours et je me fais plein de copains. Quand ils s’en vont, c’est pas triste. Souvent, ils reviennent et il y en a toujours de nouveaux. Mon truc, ces temps, c’est d’attraper des petites grenouilles, qui viennent de l’étang juste à côté. Ou de détruire les châteaux de sable que fait mon frère pour ses petits soldats. J’aime aussi aller nourrir mes lapins avec ma maman et d’autres enfants du camping.»
«La piscine, mieux que la mer»
Antoine, 7 ans, de Toulon.
«J’adore venir aux Paccots. Là, je suis avec mes grands-parents et mon petit frère de 2 ans. Mes parents vont nous rejoindre lundi. C’est vrai que c’est le paradis. On peut faire du vélo, jouer au ping-pong. Et surtout il y a la piscine: je joue au foot, je plonge, je nage, c’est mieux que la mer! Il n’y a pas de sable qui colle.
Et je me fais des copains. Même si des fois on ne parle pas la même langue, on peut jouer quand même. Cette année, j’ai rencontré Fabio et Jérémie, qui sont plus grands que moi. Ce que j’aime aussi, le soir, c’est aller voir les vaches – à l’alpage de la Riondouneire – juste à côté. Parce que chez nous, il n’y a plus de fermes.»
«Je m’invente des jeux»
Alexia, 10 ans, de Genève.
«C’est la première fois que je viens aux Paccots. Je suis là depuis une semaine en famille, sous tente. Comme je n’aime pas forcément aller vers les autres enfants, je joue avec mes deux petits frères ou bien toute seule. Je m’invente des jeux à la balançoire. Comme si j’étais une trapéziste. Ce n’est pas que j’aie forcément envie de faire du cirque plus tard, mais j’aime bien. Quand je ne suis pas aux jeux ou en promenade, je lis ou j’écoute de la musique.
Ce serait trop cool qu’on s’offre une caravane. On en a visité qui sont à vendre. Il y en avait une super grande, avec un jardin. J’adorerais revenir ici. Il y a une bonne ambiance.»
«Ça arrive qu’on s’insulte»
Sebastiaan, 11 ans, de Dedemsvaart, aux Pays-Bas.
«C’est la première fois que je viens dans ce camping. C’est sympa. Je profite de la piscine avec mon petit frère et ma petite sœur. En famille, on fait beaucoup de marche dans les environs. Et des visites: j’ai bien aimé la chocolaterie, à Broc. Au camping, je ne joue qu’avec des enfants qui parlent néerlandais. Je n’ai pas du tout envie de m’amuser avec des enfants qui parlent une autre langue. Des fois, comme on ne se comprend pas, on a des problèmes entre nous. Ça arrive même qu’on s’insulte.
Je me suis fait deux copains hollandais, Paul et Jeroen. Ils sont un peu plus âgés que moi et je joue au ping-pong avec eux.»�
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2 août 2008 |