Mardi 11 décembre 2007

La France au Mont-Pèlerin et à Châtel

Comme des coqs en pâte

Un palace de luxe, un service de sécurité qui s’annonce important et un stade du Lussy fermé d’accès: la région a bien l’intention de réserver un accueil princier à l’équipe de France et à ses stars. Quelques détails sur l’organisation sur place des vice-champions du monde avec un membre de la Fédération française de football.

 

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Au futur royaume des Bleus, l’Hôtel Mirador, Thierry Henry ne sera pas tout à fait roi: «Il logera dans une chambre individuelle comme les autres», assure un attaché de presse français (photo Claude Haymoz)

 

Luxe, calme et résultats: c’est ce que viendra chercher l’équipe de France en Suisse durant l’Euro 2008. La nouvelle a été confirmée vendredi, les hommes de Raymond Domenech établiront leur camp de base à l’Hôtel Mirador, au Mont-Pèlerin, et s’entraîneront au stade du Lussy, à Châtel-Saint-Denis. Les 74 chambres de l’hôtel, les salles de séminaire, la piscine chauffée, la salle de fitness et tout ce que l’on peut imaginer dans un tel palace ont été entièrement réservés par la fédération française. «Je n’ai pas encore reçu de contrat de la part des Français, avertit Eric Favre, directeur du Mirador. Cela devrait arriver en début d’année. L’organisation sur place et les déplacements dépendront du staff tricolore, qui a l’habitude de définir sa propre stratégie pour ce genre d’événements.»

Avec les 23 joueurs, le staff technique et l’encadrement, une cinquantaine de personnes formeront la délégation française. «Nous arriverons en Suisse le 4 juin, soit cinq jours avant notre première rencontre face à la Roumanie, à Zurich», explique un attaché de presse de la Fédération française de football, joint par téléphone au siège de la FFF, à Paris. Après deux visites à Châtel et au Mont-Pèlerin (La Gruyère du 29 novembre), Raymond Domenech a donc décidé de s’établir dans le pays hôte des trois rencontres de poule disputée par la France.

Pas de suite pour Henry

«De par sa qualité, son emplacement, ses espaces à l’intérieur et son calme, l’hôtel répond parfaitement à nos attentes», poursuit l’attaché de presse. Au fait: au moment d’attribuer les chambres, un joueur de la trempe de Thierry Henry aura-t-il des passe-droits pour s’installer dans une des nombreuses suites? «Non, pas du tout, répond l’attaché de presse français. Les joueurs ainsi que les entraîneurs logeront tous dans des chambres individuelles identiques.» Quid des suites du Mirador? «Cette partie-là de l’hôtel sera réservée aux membres de la fédération et aux invités de passage.»

L’équipe se déplacera en car à Berne pour son match face aux Pays-Bas (le 13 juin) et en avion jusqu’à Zurich pour affronter la Roumanie (le 9 juin) et l’Italie (le 17 juin).

A noter que les Bleus emporteront dans leurs (nombreux) bagages leur propre cuisinier. «Notre chef connaît parfaitement les besoins et les attentes des joueurs, explique leur attaché de presse. Il établit son programme de menus en collaboration avec notre médecin-chef et travaillera sur place avec la brigade de cuisine de l’hôtel. L’équipe se déplace également avec son propre service de sécurité, mis à disposition par le ministère de l’intérieur français. Ces personnes, dont le nombre reste à définir, logeront au même hôtel que les joueurs.»

Entraînements en public?

La question qui brûle sans doute les lèvres de tous les passionnés de foot: sera-t-il possible pour le public d’assister aux entraînements des champions du monde 1998, champions d’Europe 2000 et vice-champions du monde 2006? «Il est trop tôt pour répondre, cela se décidera en fonction des installations», répond le membre du staff français.

S’il est certain que des bâches seront installées autour du stade du Lussy pour assurer le calme à Domenech et à ses joueurs, reste à savoir si les portes seront ouvertes aux spectateurs pour quelques séances d’entraînement, comme cela avait été le cas en Allemagne. L’attaché de presse ne peut pas encore répondre à cette question. Mais il semble que cette possibilité dépendra surtout du niveau de sécurité qu’il sera possible d’assurer aux joueurs avec la présence d’un public aux alentours.

 

Sécurité sur place

Tant pis pour l’Italie et l’Espagne

«Nous étions déjà contents d’avoir été sélectionnés par l’UEFA comme site hôte. Imaginez notre joie aujourd’hui!» Syndic de Châtel-Saint-Denis et responsable du projet, François Genoud savoure la nouvelle: l’équipe de France et toutes ses stars s’entraîneront au stade du Lussy durant l’Euro 2008.

Pressentie, la nouvelle a été confirmée vendredi sur le site de la Fédération française de football. «C’est vrai que la décision s’est fait attendre, reprend François Genoud. Mais nous étions plus impatients qu’inquiets. Cette venue réjouit tout le monde. C’est une grande chance pour la région.»

Cette première étape passée, la commune va maintenant se préparer à accueillir les tricolores. «Malgré nos messages, nous n’avons encore reçu aucune précision. Mais il ne faut pas s’inquiéter. L’aspect administratif prend du temps. Nous espérons avoir plus de détails dans les prochains jours, pour être capables d’accueillir nos voisins dans d’excellentes conditions.»

Au stade du Lussy, Franck Ribery et ses potes vont faire bien des envieux. En effet, plusieurs équipes nationales sont venues inspecter les installations veveysannes. «Les fédérations italienne, espagnole et croate nous ont effectivement rendu visite, hésite à avouer le syndic. Lors de ces rencontres, un grand respect régnait entre les nations. Ces différentes équipes savaient bien que la France était la priorité de l’Hôtel Mirador et elles n’ont pas forcé la décision.»

La police aussi concernée

La venue de l’équipe de France à Châtel ne va pas seulement concerner les autorités locales. Les polices cantonales fribourgeoise et vaudoise seront également mises à contribution, comme le confirme Gallus Risse, détaché au niveau de la sécurité de l’Euro 2008 pour le canton de Fribourg. «Nous devrons prendre plusieurs mesures selon le cahier des charges de l’UEFA. A Châtel-Saint-Denis, nous serons engagés pour contrôler le bon déroulement des entraînements, mais sur la voie publique.»

En effet, aucun policier ne sera présent devant la porte du Lussy pour empêcher les supporters de rentrer. «C’est à la Fédération française et à l’UEFA d’engager une société de sécurité privée pour cet exercice. Notre travail sera de gérer le trafic et les supporters. Que le car français ne soit par exemple pas bloqué sur la route.»

Comme les tricolores vont s’installer au Mont-Pèlerin, la Police fribourgeoise va également travailler en collaboration avec son homologue vaudoise. «Nous avons déjà établi des contacts, reprend Gallus Risse. Il faudra bien définir le rôle de chacun pour que tout se passe bien. A mon avis, les Vaudois sont davantage concernés et impliqués par la venue des Français. Ce sera par exemple à eux de se charger du guidage du car de l’équipe. Car on ne va pas se partager le trajet.»

Conseiller d’Etat en charge de l’économie, le Vaudois Jean-Claude Mermoud confirme: «Nous n’allons bien entendu pas dévoiler nos plans dans le détail, mais le canton de Vaud sera effectivement le leader en ce qui concerne le déplacement des joueurs. Le staff et les membres de la sécurité de la fédération française ont déjà testé le trajet. Le parcours sera planifié et sécurisé, sous la surveillance de la police vaudoise.»

Si le puzzle se met gentiement en place, de nombreuses interrogations restent encore en suspend, comme le souligne le Fribourgeois Gallus Risse: «Aucun contrat n’a encore été signé avec la Fédération française. Pour le moment, nous sommes juste heureux que l’équipe de France ait choisi notre région.»

 

 

Karine Allemann
11 décembre 2007

 

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